NumAlim ou comment rendre plus transparentes les informations nutritionnelles

Agri/Agro Data

4 000 produits déjà référencés sur NumAlim (fin 2021),  250 000 références attendues et 25 millions de données agrégées en 2023 : les ambitions de la plateforme NumAlim, officiellement mise en ligne en décembre 2021 sont fortes. Pourquoi cette plateforme est indispensable selon nos experts du monde agroalimentaire et quels sont les leviers clés de son développement ?

Des données actuellement insuffisantes, incomplètes voire erronnées

30 à 50 % des produits alimentaires comporteraient au moins une erreur dans leur fiche produit (selon NumAlim). Lancée ce 7 décembre 2021 avec le soutien des ministres de l’Agriculture Julien Denormandie et de l’Industrie Agnès Panier-Runacher, NumAlim souhaite compiler toutes les données disponibles des produits agroalimentaires directement auprès des industriels. 

Les données alimentaires ont un intérêt stratégique pour renforcer la compétitivité des entreprises du secteur et répondre au besoin de transparence des consommateurs, besoin renforcé depuis plusieurs années avec l’apparition du Nutriscore. Or, les entreprises sont confrontées à 5 défis autour de la donnée alimentaire : 

  • son accès
  • sa collecte
  • sa fiabilisation
  • son analyse
  • son partage.

NumAlim se propose ainsi d’accompagner les entreprises de l’agroalimentaire pour leur permettre de relever ces défis. Pour tenir cette promesse, la plateforme soutenue par BPI France se veut être collective avec les industriels de la filière agricole et agroalimentaire et ainsi permettre de plus rapidement répondre aux enjeux de la filière agroalimentaire : confiance, valeur, efficience, compétitivité.

Faute de coopération des acteurs du secteur jusqu’alors, les plateformes comme Yuka se basent une base de données en accès libre alimentée par les consommateurs eux mêmes. Certes, ce fonctionnement collaborative permet de répondre à un enjeu de sourcing et de mise à jour plus large mais il est nécessairement source de nombreuses erreurs. 

Il n'y a que 20% des références répertoriées et sur ce chiffre, à peine 70% ne contiennent pas d'erreurs.

Jérôme François directeur général de NumAlim.

NumAlim souhaite mobiliser directement les entreprises de l'agroalimentaire

Alors que le succès de Yuka montre l’intérêt croissant des consommateurs pour une information produit transparente et fiable, NumAlim fournit une brique indispensable de centralisation et de partage des données pour tous les acteurs de la filière. L’autre challenge consiste à faire émerger des référentiels d’évaluation des produits complets et objectifs, ce qui au vu des multiples initiatives en cours ne sera pas une mince affaire !

André MORNEAU, associé au sein d'iQo

Pour éviter les informations erronées renseignées par les consommateurs directement, NumAlim entend remonter directement à la source en mobilisant toutes les entreprises de l’agroalimentaire. 

Le principe pour ces dernières est simple : compléter et enregistrer  leurs informations depuis la plateforme UniversAlim, une des solutions proposées par NumAlim.

Au total, plus de 100 types de data parmi lesquelles les mentions obligatoires sur l’origine du produit, les allergènes ou les quantités mais également les labels, les différents additifs ou encore les données sur les questions sociétales comme le bien-être animal, seront ainsi collectées.

Une solution technique pour fiabiliser les données ainsi complétées par les acteurs de la chaîne agroalimentaire est indispensable. Le partenaire technique d’UniversAlim, ConsoTrust, peut détecter automatiquement les erreurs dans les données envoyées à la plate-forme par les entreprises, les refuser. NumAlim se fixe l’ambition de proposer des informations nutritionnelles fiables à 95 %, et même 100 % en ce qui concerne les allergènes.

La nécessité de structurer leur données

Pour disposer d’une base de données fiable, Num-Alim compte utiliser de la donnée structurée. La data qui arrive des entreprises, petites et grandes, n’est pas standardisée et souvent présentée dans des fichiers Excel, à défaut de mieux. 

Pour fonctionner, le projet devra être adopté massivement par les acteurs du secteur agroalimentaire et même si tous peuvent comprendre l’intérêt de cette approche Open Data et le besoin d’une meilleure transparence pour le consommateur, sont-ils prêts aujourd’hui à jouer le jeu ? 

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